Impact CO² : Arcalignum, le système constructif bois qui divise par 6 l’empreinte carbone face au béton
Face aux enjeux climatiques et à la nécessité de réduire l’impact environnemental du secteur du bâtiment, Arcalignum a développé une technologie innovante : un système constructif modulaire en bois, manuportable, réversible et démontable, conçu pour allier simplicité de mise en œuvre, performance structurelle et durabilité environnementale.
Afin de mesurer précisément son impact et de le comparer à une solution conventionnelle, une étude carbone a été réalisée par Earth Action, cabinet spécialisé en analyse environnementale, avec le soutien financier de Reffnet.
Cet article présente les principes méthodologiques de l’étude (non exhaustive) ainsi que ses résultats clés.
Pourquoi réaliser une étude carbone des systèmes ?
Le secteur du bâtiment représente l’un des principaux postes d’émissions de gaz à effet de serre. Pour faire évoluer les pratiques constructives, il est indispensable de quantifier objectivement l’impact environnemental réel des matériaux et des systèmes mis en œuvre.
Dans ce contexte, Arcalignum a souhaité :
- quantifier l’empreinte carbone de ses modules bois ;
- comparer objectivement cette performance à celle d’un mur porteur en béton traditionnel ;
- apporter des données fiables à ses clients et partenaires, notamment dans le cadre d’appels d’offres ;
- identifier des leviers d’optimisation pour aller plus loin dans la réduction des impacts environnementaux.
Comment l’étude a-t-elle été menée ?
L’Analyse de Cycle de Vie (ACV) est une méthode reconnue au niveau international pour évaluer les impacts environnementaux d’un produit sur l’ensemble de son cycle de vie, de l’extraction des matières premières jusqu’à la fin de vie.
Pour cette étude comparative, les phases suivantes ont été prises en compte :
- production des matériaux ;
- fabrication des éléments constructifs ;
- transport et mise en œuvre ;
- fin de vie (démolition, traitement des matériaux).
Nb: L’étude adopte une approche prudente vis-à-vis du carbone biogénique, en cohérence avec les cadres ACV européens.
Quelles parois ont été comparées ?
Pour garantir une comparaison pertinente, l’étude ne porte pas sur des matériaux isolés, mais sur deux parois complètes, répondant aux exigences structurelles et thermiques.
L’unité fonctionnelle retenue est 1m² de mur porteur fini avec :
- un coefficient thermique U ≈ 0,14 W/(m²·K)
(R ≈ 7,15 m²·K/W), - une résistance à la compression ≈ 180 kN/ml.
Chaque mur intègre la structure porteuse, l’isolation ainsi que les parements intérieur et extérieur.
Paroi béton traditionnelle
Structure porteuse : béton armé (≈ 2 % d’armatures)
Finition intérieure : enduit de lissage
Isolation thermique par l’extérieur : XPS
Finition extérieure : enduit (crépi) sur treillis fibre + couche d’accroche
Paroi Arcalignum (système bois)
- Structure porteuse : LVL (Laminated Veneer Lumber)
- Isolation intégrée : ouate de cellulose
- Finition intérieure : lambourdage épicéa + plaque fibres-gypse
- Finition extérieure : isolant en fibre de bois dense ; enduit bio (crépi) sur treillis fibre + couche d’accroche
- Quincaillerie : connecteurs, vis, joints, agrafes
La paroi béton retenue correspond à une solution couramment mise en œuvre aujourd’hui en suisse, et non à une solution optimisée bas carbone.
Méthodes d’évaluation des impacts environnementaux
Les impacts environnementaux ont été évalués par deux méthodes d’ACV reconnues au niveau européen et suisse.
1/La méthode EF v3.1, développée par la Commission européenne, permet de mesurer les émissions de gaz à effet de serre sur l’ensemble du cycle de vie d’un produit. Les résultats sont exprimés en kg CO²e/m², indicateur de référence pour comparer l’empreinte carbone des solutions de construction, notamment dans les démarches bas carbone et les appels d’offres.
2/En complément, l’indicateur de saturation écologique (UBP), développé par l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) suisse, offre une vision globale de l’impact environnemental. Il regroupe différents critères (émissions, ressources, énergie, sols) en une seule valeur, facilitant la comparaison entre systèmes constructifs.
Résultats clés : Arcalignum est nettement plus performant
Selon l’étude réalisée par Earth Action, conformément aux normes ISO 14040 et ISO 14044, la solution Arcalignum présente un impact carbone environ six fois inférieur à celui d’un mur porteur en béton équivalent :
Arcalignum : 27 kg CO²e/m²
Mur béton : 160 kg CO²e/m²
Ces résultats couvrent l’ensemble du cycle de vie, du berceau à la tombe. Bien que l’étude ne constitue pas une ACV certifiée, elle repose sur une méthodologie robuste, transparente et reproductible. Elle met également en évidence plusieurs pistes d’optimisation, inscrivant Arcalignum dans une démarche d’amélioration continue.
Cette différence majeure s’explique notamment par :
- l’utilisation de matériaux biosourcés, moins énergivores à produire ;
- le faible poids du système Arcalignum (75 kg/m², contre 510 kg/m² pour le béton), réduisant fortement la pression sur les structures porteuses et les fondations ;
- la limitation des procédés industriels fortement émetteurs propres à la filière béton.
Un impact écologique global divisé par 4
L’indicateur suisse de saturation écologique confirme cet avantage :
Arcalignum : 56 625 UBP/m²
Mur béton : 243 000 UBP/m²
Économies de ressources : un levier clé de la construction bois
Au-delà des émissions de CO², le système Arcalignum permet de réduire significativement l’utilisation des ressources naturelles à toutes les étapes du cycle de vie :
- jusqu’à 10 fois moins d’énergie nécessaire à la transformation des matériaux ;
- une consommation d’eau très largement inférieure à celle du béton ;
- moins de matières premières extraites grâce à un système léger et optimisé ;
- des matériaux renouvelables, issus de filières bois responsables, tracés et labellisés.
Ces bénéfices se reflètent dans l’indicateur global, où Arcalignum affiche un impact quatre fois plus faible qu’une solution béton équivalente.
Concrètement, cela signifie quoi pour un projet ?
Pour un projet type comportant 150 m² de murs porteurs, le remplacement du béton par Arcalignum permet d’éviter environ :
19,5 tonnes de CO²
Soit l’équivalent de :
13 allers/retours
Genève · New York en avion
Les émissions annuelles de 1,5 habitant suisse
Une technologie conçue pour aller encore plus loin
L’étude montre que la majorité des impacts résiduels provient des matériaux eux-mêmes, ce qui confirme la pertinence de deux axes fondamentaux déjà intégrés dans l’ADN d’Arcalignum.
1. L’optimisation continue des matériaux biosourcés
La conception modulaire permet déjà de limiter les ressources nécessaires. Des améliorations sont en cours pour réduire encore l’impact de certains composants spécifiques.
2. Le design for disassembly
Arcalignum est conçu pour être démontable et réemployable, permettant :
- de prolonger la durée de vie des matériaux ;
- d’éviter l’incinération prématurée ;
- de conserver le carbone stocké dans le bois sur le long terme.
En résumé
Grâce à l’étude réalisée, la solution Arcalignum affiche une performance environnementale 4 à 6 fois supérieure à celle d’un mur béton standard.
Cette performance repose sur l’utilisation de matériaux biosourcés, une production moins énergivore et un système léger limitant les quantités de matière.
Les pistes d’amélioration actuellement à l’étude viendront encore renforcer ces résultats, démontrant que l’innovation constructive, lorsqu’elle s’appuie sur le bois, la modularité et l’ingénierie, peut transformer durablement la manière de construire.
